Bonjour Tendresse…

Oui, j’ose espérer un peu de tendresse et de douceur dans ce monde…


Téméraire et effrontée que je suis…

Comment allez-vous ? 
Ça fait longtemps, n’est-ce pas ! 


Oui d’abord cette inquiétude : la source se serait-elle tarie ?  
Ces derniers mois, je l’ai imaginé et sans doute même craint. 
Y aurait-il encore un billet ?
Une précision, ce n’est pas une newsletter, il n’y a pas de régularité, ni de communication d’activité. 
C’est autre chose, j’ai appelé cela, un Billet.
Je vous parle en écrivant…
Ces billets sont des émergences, des fulgurances du moment présent. 
Ils me viennent ou pas ! 
Depuis près d’un an, c’était plutôt « ou pas »

Comment en parler ? Comment évoquer cette crainte, inquiétude du tarissement. 
Ne plus écrire ces textes minuscules, ces petits moi-même, ces petites-mini-contributions à… 
À quoi d’ailleurs ? 
C’est souvent vous qui me le dites, cher lecteur, lectrice, amie, ami, ce à quoi j’ai contribué dans votre vie du moment. 
C’est un pur bonheur, une joie profonde. 
Oui, un grand plaisir à chaque retour, à chaque partage, même très court, de vous lire. 
Et sachez que je réponds à chacun. 
Avec la surprise de retrouver certaines, certains où parfois je me disais : sans doute ça l’incommode ces billets, n’ayant jamais eu de retour. 
Et puis miracle ! Cette fois-là de façon totalement inattendue, c’est le premier retour de mail qui m’arrive dans la boîte, 10mn seulement après l’envoi. C’est Whaouu !

Donc… Si vous n’avez encore jamais pris la plume pour écrire, répondre, c’est l’occasion d’opérer…Une magie.  
Je vous attends.*1

Voici donc un nouveau billet, je crois que l’envie de vous retrouver n’y est pas étrangère. 

Ce matin cette citation :
« Il ne faut pas chercher à vivre longtemps, mais vivre pleinement. Vivre longtemps, c’est le destin qui décide. Vivre pleinement, c’est ton âme. La vie est longue si elle est pleine.»
Sénèque (lettre XCIII)

Une vie pleine, serait donc une décision !
Vivre pleinement ! Vivre longuement !
Nous en rêvons, nous y aspirons…

Qu’est-ce que cela signifie vraiment, Vivre pleinement, au fond…
L’adverbe « pleinement » embarque une capacité à goûter, à apprécier la vie, à la connaître, à la déguster, peut être même à aimer, son goût, son intensité, une intensité qui peut être douce mais qui peut être amère, eh oui aussi !

Et comment s’y prendre ?
Eh bien : Être là.
En étant là, occupant entièrement le temps présent, de tout son être, de toute son âme, prendre sa place et toute sa place. 
Juste là, ici et maintenant.
Pas à pas, instant après instant.
Pas après, pas avant mais maintenant !

C’est simple, non ? 
Être totalement là, présentement là, dans le moment, dans l’instant.

Oui, et pas si simple non plus !
Trop souvent dans nos vies agitées, la présence à soi, à l’autre, aux autres est parasitée, devient inaccessible. Peut être même n’a-t-elle jamais été accessible. 
Parce que la vie nous agite, mais aussi parce que nous nous agitons nous mêmes, seul dans notre bocal, emportés par notre mental, qui nous mène par le bout du nez. 
Lors de mes animations ou de mes accompagnements individuels, j’entends très souvent : « J’ai un mental trop fort »
Oui, c’est vrai ! Comme beaucoup de monde, et sans doute pas plus, pas moins. 
Mais, il n’empêche que le vécu de cette personne-là, est exactement celui-là : son mental est très fort, trop fort et plus fort qu’elle !

Que fait-il ce mental ?
Et bien il me balade, m’emmène loin du ici et maintenant.
Au bout du compte, le mental fait son boulot de mental, c’est-à-dire produire des idées, des spéculations, des pensées sur… sur tout, tout ce qui bouge, se manifeste, qui se révèle dans le champ.
Il fait des vagues, sur le vaste champ qu’est la conscience, son job, c’est d’occuper l’esprit et de faire des vagues, des vagues de pensées qui viennent vous balloter, troublant perpétuellement l’océan de la conscience. 

Alors votre mental : Serviteur ou Directeur ?
Il me sert ou il me dirige, comment répondez-vous ?
« Le mental est un magnifique outil si l’on s’en sert à bon escient. Dans le cas contraire, il devient très destructeur. Plus précisément, ce n’est pas tant que vous utilisez mal votre « mental » ; c’est plutôt qu’en général vous ne vous en servez pas du tout, car c’est lui qui se sert de vous. Et c’est cela la maladie, puisque vous croyez être votre mental. C’est cela l’illusion. L’outil a pris possession de vous »
Eckhart Tolle

Là est l’illusion, nous pensons être nos pensées et nous faisons corps avec nos pensées.
Il y a une ébauche de sculpture de Rodin, dans son musée à Paris : son nom « Pensée »*2,  deux corps sculptés imbriqués, enchevêtrés, mêlés, impossible de se libérer, de se détacher, pas de distance entre Pensée et moi : « Je suis Pensée ».

Et c’est ce que nous pensons et croyons, dur comme fer ! 
En réalité nos pensées, ne sont QUE des productions mentales, des chevaux fous qui chevauchent perpétuellement et durablement notre champ de conscience et si je peux enfin les regarder comme tels, et contempler le paysage avec ces chevaux, je ne suis plus dans l’illusion. 
La pensée n’est qu’une pensée, et je reviens au souffle, au corps et à ses sensations, à l’instant présent !
Là est la pratique, là est le chemin de la pleine conscience !
Pendant que j’écrivais ce billet, j’ai reçu un mail, il vient de Dorothée, qui a participé à l’un de mes stages : « Intelligence Émotionnelle et pleine conscience » et qui témoigne :
« Je suis encore et très souvent rattrapée par les chevaux fougueux que sont mes pensées. Maintenant, je sais que c’est « normal » , que mon cerveau fonctionne bien puisque c’est une  » machine à penser » , c’est donc une déculpabilisation qui me libère et ….tranquillement, quand mes chevaux plein d’énergie s’emballent , je les ralentis et reviens  sur ma selle bien assise, bien dans mon « assiette » et je regarde mes chevaux ralentir et admirer le paysage… »

À ce stade peut-être faudrait-il, préciser ce que je mets derrière le mot mental :
Il est à considérer comme un processus, un processus qui inclut pensée, langage, intelligence… C’est donc large, et ça peut sembler fourre-tout, mais le mot essentiel, est le mot Processus. 
Dans la méditation, nous tentons d’être attentif au processus, que l’on peut voir comme une sorte de bande passante, on tente d’être témoin, d’observer, d’y repérer les répétitions, les brisures, les failles, les interruptions et elles sont nombreuses et de natures très variées.
Son observation demande patience et silence. 
Et, 
Ça prend une vie…

Après ce détour par le mental, si détour il y a,  revenons maintenant à la présence, la présence et sa douceur.  La tendresse de la présence !
La présence, est un état où justement le mental est tenu en laisse, il ne disparaît pas du champ de conscience, il est seulement tenu, retenu avec douceur et fermeté.
Il ne va plus m’entraîner ailleurs et je peux alors être totalement là, pleinement présent à ce que je fais, vis, dis, ressens : 
À cette assiette que je lave, à cet oiseau que je vois picorer sur l’arbre, à cet enfant qui me raconte ses malheurs et/ou joies de la journée, à ma marche dans la ville…
En étant là ; je pratique par ma pleine présence, une forme de méditation, que dans la Mindfulness on appelle, une pratique de méditation informelle. 
Je deviens vivante, vivant dans tous les moments de ma vie et de ce fait ma présence change, ma qualité de présence à ma vie bouge.
Et la vie me devient, même dans ses turbulences, plus douce.
J’apprends à devenir tendre avec elle, à ne pas la juger trop sévèrement dans ce qu’elle me donne ou ne donne pas assez, et comment je peux rencontrer en moi, même en plein tumulte, un endroit où « ça » reste calme et pleinement vivant. 
 » Méditer chaque jour n’est pas un exercice de bien-être ou de bien aller, et au fond n’est pas une pratique. Méditer n’est autre que prendre enfin conscience, mais pour de bon, que nous sommes là, là et vivants. Vivants tels que nous sommes« 
 Fréderico Dainin Jokô Sensei.

Vivant, présent, déployant sa présence, sa pleine attention, dans un premier temps à soi-même et au bout du compte avec le monde autour de soi. 
Méditer est un geste large et non égotique, il commence par soi et se poursuit avec et par le monde, c’est un acte radical d’amour, qui ouvre à l’instant présent et aussi à plus grand !
Mais…
« Avez-vous la patience d’attendre que la boue se dépose au fond de l’eau et que l’eau de l’étang devienne claire à nouveau ? Avez-vous le courage de rester immobile jusqu’à ce que l’action juste émerge d’elle-même ? »
Lao Tseu
Oui il faut du courage pour s’asseoir et « ne rien faire » et laisser les paillettes de la boule à neige se poser au fond et ainsi vivre en live, en direct, connecté au corps, à ses sensations, ses émotions, ses ressentis et être en awareness.
Un mot cher aux gestaltistes, dont je suis.
Être « aware », en éveil à soi et présent à son environnement !
Respirer : Inspirez, regardez le ciel, expirer sentez la terre sous vos pieds.
Il n’y a pas de présence sans contact incarné avec soi, sans conscience de soi.
C’est dans l’intelligence émotionnelle, la première des aptitudes, la conscience de soi et de sa corporalité.
Rester assis et prendre le temps de se sentir et accueillir tout ce qui se manifeste, avec une attention affectueuse, sans jugement, être un témoin bienveillant capable de douceur et de fermeté. La douceur pour pardonner les égarements de la pensée, la fermeté pour revenir toujours et encore à l’instant présent du souffle et dire OUI, à tout ce qui est et se donne à vivre, agréable ou désagréable. Là est la pratique.
Dans ce geste quotidien, qu’est la méditation, on se découvre et on apprend finalement à se connaître ; nous cessons lentement mais sûrement d’être cet étranger, l’étranger que nous étions pour nous-mêmes.
« Connais-toi toi-même… » Et on ignore souvent la suite
« Tu connaîtras l’univers » et j’ose, j’enchaîne avec un autre maître qui d’une manière différente nous dit la même chose :
« Si tu parviens à te connaitre totalement, si tu peux affronter à la fois tes côtés sombres et tes côtés lumineux, tu arriveras à une forme de conscience suprême. Quand une personne se connaît, elle connait Dieu »
Djalãl Addin Muhammad Rûmî, (12éme siècle).
Je continue de soutenir que passer du temps avec soi en conscience, est un geste d’humanité et d’amour, à la fois pour soi et pour les autres.
Pour soi, car nous développons de la qualité de vie et notre présence gagne en vie, et cette qualité de présence de façon systémique, parce que nous sommes liés et inter-reliés, nourrit le monde.

Orelsan ne dit pas autre chose, à la fin de cette chanson assez fabuleuse dont le titre est : Notes pour pas trop tard
 « Y a rien à faire, à part être présent »
Rien à faire, Nulle part où aller,  Personne à être… juste être là !
La première phrase entendue lors d’une retraite de méditation en silence, marquante à jamais!

« Tout nouveau commencement vient du silence obscur de l’hiver »
Et nous arrivons dans l’hiver !
Alors une décision : le commencement ou recommencement de la méditation cet hiver ?
L’arrivée de l’hiver, un moment propice au repos, à une forme de repli, alors profitons de l’hiver comme d’un temps pour soi, d’une nouvelle forme de présence à soi.

Le  solstice du 21 décembre est là, le retour à la lumière, c’est la fin de la chute…
Le soleil revient, certes modestement, il commence à se coucher une pincée plus tard,  une unique minute de décalage, mais c’est le début d’un nouveau cycle qui prépare et oui, déjà le printemps.

Je vous embrasse.
Lisdalia.


*1, Ceci dit, je vous ennuie peut-être vraiment et dans ces cas-là en toute simplicité faites-le moi savoir par retour de mail et je vous promets ça cessera. Sans rancune.
*2 Il existe une autre sculpture plus connue, nommée « La pensée » un doux visage de femme, délicat et rêveur, prisonnier d’un bloc de marbre, elle n’a ni bras ni jambes.

Une réponse sur “Bonjour Tendresse…”

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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