PARFOIS J’ÉCRIS…

Ce sont les textes écrits à l’occasion du confinement de mars 2020

Le CORONA et sa retraite forcée « mondiale » nous confrontent chacun à son lot de découvertes agréables et désagréables.

Le confinement exacerbe les aspérités, les manquements, les déficiences, les failles personnelles et collectives, difficile d’échapper au miroir tendu.

Dans ce reflet nous apercevons peut-être mieux nos essentiels, un recentrage sur le vital et les priorités et un élagage du superflu.

En somme dans ce confinement une certaine voie existentielle et spirituelle se dessine, sans même y prendre garde, comme à notre insu.

Cette dimension profonde de notre existence de laquelle nos vies encombrées, bruyantes, nous éloignent, nous coupent et nous séparent.

Dans ce ralentissement tout naturellement, le spirituel gagne du terrain et la méditation trouve sa place. Elle a cette vertu, grâce à sa pratique simple et concrète, de relier le corps à l’esprit, relier la matière à la conscience, laissant la place à une présence intime et infinie, à une forme d’unité ressentie.

La méditation Pleine Conscience c’est l’exploration attentive et bienveillante de ce champ d’experience vivant et vibrant.

« Une fois que nous avons appris à reconnaître la qualité omniprésente de la conscience, à nous défaire de l’esprit conditionné et contingent et à reconnaître que nous sommes cette conscience spacieuse, nos pensées et nos émotions se manifestent comme des vagues ou des nuages indissociables de la conscience. Grâce à la reconnaissance nous ne sommes plus emportés par des histoires qui font tournoyer notre esprit dans des cycles répétitifs ou le font bondir dans tous les sens comme un singe fou. »

Yongey Mingyour Rinpotche, le bonheur de la méditation

texte publié pour la méditation de printemps du 26 avril

 « Chaque grande et profonde difficulté porte en elle sa propre solution. Elle nous oblige à changer notre façon de penser afin de la trouver. » Niels Bohr.   Certes à des degrés divers et avec des résonances singulières, chacun est impacté par le Corona. Le confinement et ses effets auront touché la planète et donc tout le monde. Dans une période aussi chaotique nous vivons de nombreuses perturbations, nous sommes régulièrement emportés par des vagues émotionnelles, tantôt c’est l’effroi, tantôt la colère ou encore l’accablement ou l’apathie. Notre météo interne est à l’agitation orageuse, comme le veut la saison du moment. Alors que nous avons envie de calme, de sérénité, de stabilité, alors que nous aimerions parvenir à profiter de l’instant présent, le mental ne cesse de nous entrainer vers le passé « comment c’était mieux avant » vers l’après et le futur « comment ce sera pire », bref la vie n’est jamais comme on le voudrait ! Et qui sortira indemne de ce confinement ? Depuis quelques jours, des demandes m’arrivent, elles ont un point commun : « Je ne peux pas y retourner comme si rien ne s’était passé » « Je vois bien que ce que je fais comme travail, n’a aucune utilité réelle, aucune utilité pour l’humanité ». Cette période agit comme un aiguillon et vient nous piquer là où c’est inconfortable, nous obligeant à descendre en nous-mêmes, plongeant profond à la recherche de nos essentiels. Quel sens a ou peut prendre ma vie dans cette existence qui m’est donnée ?   « J’ai fini par découvrir que le seul moyen fiable de se libérer de la souffrance, c’est ne pas chercher à se débarrasser du problème. Alors la vague a cessé de chercher à m’emporter. Elle était là mais ne me faisait plus aucun mal. Cette compréhension primordiale est le fruit de la contemplation de l’impermanence. » Yongey Mingyour Rinpotche, le bonheur de la méditation   L’impermanence, une donnée existentielle de la vie humaine, sa contemplation est un des enjeux de la pleine conscience. Je vous invite de nouveau ce dimanche, à venir faire une exploration de pleine conscience avec la Communauté Éphémère de la méditation de printemps.
texte publié le 5 mai pour le 5éme méditation de printemps

Nos villes sont étranges, silencieuses, désertées, nous sommes encore confinés ! Alors que nous nous replions à l’intérieur et avons quitté le dehors, le printemps s’en donne à cœur joie et explose de vie. Cette vie loin d’être confinée va son chemin, pendant que nous nous retirons, la nature s’etire sans nous, un air plus sain, des oiseaux plus sereins mêmes les chiens semblent plus nombreux. Ces contrastes nous prouvent, démontrent, pour ceux qui en ont encore besoin, notre interdépendance, nous sommes liés et reliés de façon systémique les uns aux autres et avec notre environnement.   Cette reliance nous la vivrons de nouveau lors de notre prochaine Communauté Éphémère.
texte publié pour la méditation de printemps du 19 avril
Je vous espère vous et vos proches en bonne santé et que vous n’êtes pas touchés trop brutalement par cette situation inédite et même ineffable, tant les mots nous manquent pour la qualifier. Quel que soit le mot juste, cette crise impacte chacun d’entre nous en créant un certain chaos. Face à lui, nos réactions varient, prennent des formes très diverses et souvent fluctuent, parfois d’un instant à l’autre. Le repli sur soi est possible, la tension, le rejet mais le chaos crée aussi de la créativité et de nouvelles formes de solidarité, j’en vois beaucoup autour de moi. C’est ce dernier chemin que je prends et choisis avec cette proposition :    Méditer Ensemble en Live (*)
texte publié pour la méditation de printemps du 5 avril

Je suis et reste curieuse de ce qui émerge d’un temps si Inédit… 
Après la sidération des premiers jours et le basculement dans un autre monde depuis, un élan ce matin, un mouvement printanier qui m’a propulsée aux petites heures dans les rues silencieuses de Lille. 
Je vous reviens, chère communauté Mindfulness-Lille. 
Hier encore, je pensais rester silencieuse tout au long de ce confinement. Mais voilà que le voile du silence se déchire pour laisser des mots prendre forme à la surface du petit jour. 
Rien de calculé, de prémédité, juste aidée par cette phrase lue ce matin dans le catalogue d’un peintre que j’admire beaucoup, Tal-Coat* « C’est la vie, qui doit être volontaire et l’art qui doit être abandon » déclare-t’il. 
Elle a eu une résonance intime avec ce que ce moment de vie cherche, je sens à m’enseigner : laisser faire la vie et accueillir comme je peux l’inconfort de l’incertain. La vie volontaire continue de s’inventer, rien à faire, apprendre à laisser faire ! Et bien cet abandon, c’est du Boulot, mettre encore et encore de la conscience, dans des endroits bien reculés, bien dans l’ombre, bien « muchés » comme on dit dans le Nord ( désolée dans les Hauts de France) . 
Mon activité s’est brutalement arrêtée le 16 mars. Sans crier gare, à la sauvage.Il se trouve, un comble, que la semaine précédente était justement sans précédent, à savoir une explosion des possibles qui me menaient, pour un des projets, à l’autre bout de la terre… Autant vous dire que le coup d’arrêt fut brutal, violent. Une image ? J’étais sur le plongeoir, prête pour un grand et beau saut, et hop ! Là, Badaboum, en fait il n’y avait pas d’eau dans la piscine. Aïe !!! Depuis, ça chemine, ça s’organise, je médite, je marche, je danse et doucement, lentement, je me réjouis de plus en plus souvent de cette sensation, pas inconnue mais si peu fréquentée, d’avoir le temps de tout, ou pas loin de tout. Comme de mettre les mains dans la farine et de faire un pain, atelier de ce matin. D’inventer de nouvelles recettes gourmandes sans sucre. De créer un nouveau décor-balcon-concept avec seulement et seulement ce que j’ai à ma disposition. De bientôt manier les pinceaux plus souvent que jamais,De danser en connexion avec une multitude d’autres venus des quatre coins de monde…De découvrir Mes voisins, ces presque inconnus encore il y a peu, il y a ceux qui proposent des DVD de grands films, une autre des cours de Qi Gong, un autre des BD, et encore ceux qui mettent à disposition leur bibliothèque….De jouer, hier soir, seule à 20h, face à ma grande et large place lilloise, j’ai pris mon tambour et pour une amie en convalescence et pour beaucoup d’autres inconnus, j’ai joué. De laisser la vie faire son lit sans trop interventions volontaires.De goûter, cette nouvelle liberté, toute intérieure. Alors que la liberté extérieure m’est refusée ou presque, je découvre des occasions de rencontrer des espaces eux encore inexplorés et libres.La lenteur est propice à ces nouvelles découvertes.  Je suis et reste curieuse de ce qui émerge d’un temps si Inédit…

Je ne lance rien, les sollicitations ne manquent, j’imagine bien, mais si des idées, des envies, des partages, émergent en vous : PROFITEZ DE CET ESPACE VIRTUEL OUVERT, il est à Vous, il est à Nous. Un peu comme LA PLACE D’UN VILLAGE, chacun y vient, y passe ou y reste un peu, y parle ou reste en silence, chacun y vit a sa façon, à son rythme..,

Texte ecrit le 23 mars



« Pourquoi tout s’est calmé ? Je crois qu’il n’y a plus de vent. Et les maisonnettes qui souvent traversent la place comme sur des petites roues sont fixées, solidement immobilisées…silence…silence…on ne voit pas du tout le mince trait noir qui d’habitude les séparent du sol. »
Conversation avec l’homme ivre. Franz Kafka 
La place Der Ringplatz, place de la vieille ville à Prague. 
Silence, nous entendons le silence. Maintenant. 
En écoutant le silence nous entendons mieux les oiseaux certes, oiseaux qui prennent de plus en plus leurs aises, mais aussi nous-mêmes. Un silence extérieur propice au retournement vers soi. 
Une ville si silencieuse, parfois même inquiétante tant ce silence est aux petites heures matinales envahissant de présence. 


Est-ce un temps kafkaïen que nous vivons ? 
Une époque qui égare et nous éloigne de nos repères, sûrement ! …
Avec des scènes absurdes, déroutantes, burlesques aussi…
Quand comme ce matin, je vois une femme (?) dans sa voiture avec bonnet, gants et masque, un masque qui lui donnait un air de Sidonie, la petite oie du dessin animé Aglaé et Sidonie. 
Elles fleurissent les Sidonie, un peu partout, des silhouettes qu’on aimerait parfois immortaliser, tant elles ont un potentiel burlesque. Je vois encore ce jeune couple, elles de grandes échasses, une minijupe, des Rangers noirs, le tout avec le masque comme un bec. 
On aurait ri il y a seulement 10 jours mais maintenant personne ne rira. 


Scène saugrenue, un joggeur tranquillement faisant ses exercices, des grands cercles avec ses bras, au milieu du boulevard, sans crainte d’aucune sorte. Le boulevard à 8h ce matin était à lui. 


Puis ceux qui échappent, ou s’affranchissent de la règle anti-rassemblement, ce sont les hommes de la rue, de la manche, eux c’est la déambulation ensemble, à 3 sinon rien ! On les entend à l’autre bout de la place, ils parlent encore, et pas du Corona. “Monsieur et Madame tout le monde” l’ayant désertée la rue, elle leur appartient comme jamais. 


La bascule s’est faite, brusquement le monde a changé, la vie a basculé. 
Et nous est-ce que nous changeons ? 
Vous connaissez cette citation de Gandhi
« Change et le monde change »
Le monde change est-ce que nous aurons changé ? 
C’est la question sur toutes les lèvres : y aurait il un avant et un après Corona ? 
Va savoir… 


Et puis une dernière scène. Une silhouette féminine, je la vois, elle sort au petit matin, ses chaussures de marche, comme des bottes de 7 lieux la portent , elle marche, elle vole… elle revient souvent l’heure est passée, un air détendu, sourire doux. Dans son sac, des fleurs dépassent. Les fleuristes ne sont plus des commerces de première nécessité. Mais pas pour elle. Dans ce printemps d’un nouveau Prague, elle a besoin de ces fleurs pour son intérieur, comme une lumière, qui sait, son petit acte de liberté et de respiration… j’imagine !
texte écrit le 19 mars 2020

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