#NEWYEAR2016

BILLET NewYear2016

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Un ami, début janvier, le 2 janvier très exactement, venant un peu « me chercher » m’écrit : « Bonne année, la bonne blague, je n’en crois pas un mot… il est désormais vain de se souhaiter de bons vœux, le monde va trop mal pour ça ».

Oui, c’est vrai que le monde va mal !

Bien que je n’écoute plus beaucoup le « bruit » du monde, je n’y échappe pas totalement non plus ; sans beaucoup de mal, juste un peu d’écoute sensible et je peux entendre et ressentir désolation, tristesse et peur.

Oui le monde va mal !

Et… Oui Aussi le Monde va bien !

Ça Aussi c’est vrai !

Et tenez, regardez cette petite vidéo pour le :

Délibérément nous pouvons choisir le Et, refuser la dualité, la séparation : « Chacun contient en lui des galaxies de rêves et de fantasmes, des élans inassouvis de désirs et d’amours, des abîmes de malheur, des immensités d’indifférence glacée, des embrasements d’astre en feu, des déferlements de haine, des égarements débiles, des éclairs de lucidité, des orages déments… » Edgar Morin.

Oui nous avons en nous la laideur et la beauté, la profondeur et la légèreté, la gentillesse et la méchanceté, la joie et la tristesse, les larmes et le rire, la santé et la maladie, le diabolique et le divin… tous ces opposés sont le même visage d’une unité, Nous, et nous sommes « oxymore » !

Accueillons cette complexité et bénissons la, elle est une source inépuisable de richesse et d’agilité.

Alors pourquoi chercher à faire du « Ou », continuer de séparer, de ne prendre qu’une partie de la réalité, en l’occurrence celle qui va mal, ou plus souvent encore, celle qui nous arrange, celle qui arrange notre Égo, nos croyances, nos certitudes et valide ainsi le monde auquel « je crois » et non pas le réel.

C’est ça la vie, c’est ça le monde : le beau côtoie le laid, la beauté est dans le monde et ce n’est pas nier la laideur, c’est juste avoir ce regard ouvert qui ne choisit pas la lucarne mais la vision large.

Pour illustrer ce « ET », je vous partage une vidéo, une magnifique illustration de l’alliance du féminin « et » du masculin, où le « et » devient une danse…

En 2017, dans cette merveilleuse toile blanche qu’est la vie, je vous souhaite de vivre aussi intensément que possible toute la palette, absolument toute la palette de votre ÊTRE, pleinement et souvent…

En 2016, il m’a été donné de rencontrer plusieurs êtres inspirants ; ce fut sous forme de stages, de vidéos, de retraites, de livres, d’articles… quelques-unes de ces pépites, de ces rencontres, seront publiées régulièrement sur le site de Résonances.

Ce seront des petits présents, égrenés comme des cailloux tout au long de l’année.

Sur le site vous trouverez une nouvelle rubrique, Pêle-mêle, vous lirez la parole qui vient du cœur, par quelques-uns ou quelques-unes des personnes que j’ai accompagnées…

Il était une fois

Et puis pour terminer ce billet de la nouvelle année, un instant de joie partagée, si vous en avez le temps et l’envie, avec des enfants :

Je vous souhaite le meilleur aujourd’hui, et pour le reste des jours de votre vie.

Lisdalia.

#NEWYEAR2017

 Si les mots sortent du cœur, ils vont entrer dans le cœur »

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Djalâl Ud-Din Rûmi.

Je vous souhaite du plus profond de mon cœur une très belle année 2017.

C’est presque fin janvier que ces vœux vous parviennent… Une manière de donner à voir que rien ne change, les jours se suivent, le flot des heures coule comme c’était le cas l’année précédente et le 1er janvier n’y a rien changé et en même temps, ça change !

La nature cyclique de notre monde, de notre Terre, fait que, qu’on le veuille ou non, ça change, et le nouveau cycle, celui qui dans le silence de l’hiver prépare et donnera vie aux premiers bourgeons du printemps est déjà en route, l’hiver porte le germe d’une éclosion à venir.

Et c’est du plus profond de la nuit que surgit et grandit la lumière, c’est de nos fragilités et de nos fêlures que jaillit la lumière et grandit notre humanité.

Voici donc le 23éme jour de janvier et…

Voici le premier jour du reste de nos vies…

Voici le premier instant du reste de nos vies…

Moment de suspension, moment de Respiration, Epochè…

Être en conscience de ce présent, aujourd’hui, maintenant, c’est le premier jour, le premier instant du reste de ma vie…

Observez ce que ça vous fait d’être totalement présent à cet instant-ci, peut-être sentez-vous vos yeux s’ouvrir, votre regard s’élargir, venir à vous une douceur, un sourire, un regard moins crispé, un peu différent, venir « le regard du débutant », c’est ainsi qu’on le nomme dans la pleine conscience, celui qui ne sait pas, qui s’émerveille et accueille totalement le nouveau du moment.

C’est peut-être ça le Bonheur, je suis juste là, je respire, rien à vouloir, rien à faire, personne à être, juste être ici et maintenant avec moi et ceux qui m’entourent. Quoi qu’il arrive, quoi que je vive, si je me connecte, il y a toujours au plus profond de moi, l’étincelle de la vie. Cette étincelle de vie, c’est l’énergie de l’amour !

En 2017… Vivez des centaines, des milliers de ces instants-là, des instants de connexion à vous-même, des moments d’intimité avec vous-même et l’éternité.

BILLET ÉTÉ 2017

QUE L’ÉTÉ SOIT BEAU

Il y a quelques mois, en janvier, durant une journée Coach, un « grand intervenant »*, un formateur de coachs de renommée nationale voire internationale fustigeait lors de sa conférence le  « Développement personnel », avec une certaine provocation étant donné son auditoire, ne voyant là qu’une démarche purement individualiste et égotique.

Face à ce discours, des émotions m’ont traversée, agitée ; elles tournaient autour, disons d’un mélange d’irritation et de sentiment d’injustice.

Humm. Respirer. Sentir et accueillir.

À table, avec mes amis-confrères, nous avons échangé sur ce discours et le fond de provocation qu’il pouvait y avoir.

Comme les eaux profondes font leur lit et montent lentement à la surface, devenant source, ce moment-là a longtemps infusé !

Certes le monde du développement personnel est confus, multiple, nébuleux voire fumeux ; c’est un mot-valise, un fourre-tout et le milieu ne manque pas d’imposteurs, d’illusionnistes…

Et puis il y a aussi l’effet mode : certaines propositions, très bien marketées, deviennent une nouvelle vogue ; cela fait vendre beaucoup de livres, de formations en tout genre. N’importe quelle proposition peut ainsi devenir, si elle est bien orchestrée, la nouvelle tocade, une recette qui va « cosmétiquement » vous faire devenir une nouvelle personne, un être plus serein, ou plus efficace, plus performant, plus… Bref « plus quelque chose » nous faisant croire que ça se passe sans un vrai travail sur soi, sans une réelle exigence envers soi-même, nous allons ainsi être libérés !

Il est certes difficile dans cette écume, de faire le tri, de discerner, mais faut-il tout rejeter tout en bloc ?

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Alors que se développer personnellement est un chemin et qu’il ne suffit pas d’une baguette magique pour arriver au but, c’est le chemin qui est le but, d’ailleurs c’est que le poète Goethe écrit « Ce n’est pas assez de faire des pas qui doivent un jour conduire au but. Chaque pas doit être lui-même un but en même temps qu’il nous porte en avant ».

Tout comme le pèlerin sur son chemin peut avoir besoin d’un bâton, en l’occurrence d’un bourdon, de même on a besoin de méthodes, parfois même de techniques, de livres, d’outils de développement personnel, de formations et surtout de personnes qui nous accompagnent, comme le font les formateurs, thérapeutes, coachs, tuteurs, passeurs… mais quoi qu’il arrive, ils restent un appui, une aide, un soutien pour avancer sur ce chemin d’exploration, qui se fait seul et n’appartient qu’à soi.

Et c’est celui d’une vie !

Ensuite que tout le monde ne se sente pas appelé et concerné par cette exploration de soi, oui bien sûr, c’est absolument normal. Chacun son chemin, chacun sa route.

Je voudrais rendre hommage à tous ces pèlerins de l’âme qui sincèrement poursuivent cette quête d’eux-mêmes autant chez eux, avec leur famille,… que sur le lieu de leur travail. Ils ont compris qu’ils ne devenaient pas quelqu’un d’autre, et que leur quête ne s’arrête pas au moment de franchir la porte de leur entreprise.

A tous ceux qui, à la sueur de leur front, font bénéficier l’humanité proche de leur labeur et de leur travail sur eux-mêmes. Parce qu’ils ont développé justement leur humanité, ont ouvert leur cœur et tenté d’éloigner l’Ego. Un Ego qui recèle mille et un pièges, mille et un tours pour toujours nous faire plonger dans nos affres égoïstes et nombrilistes.

Oui, il faut se regarder comme un témoin, un témoin exigeant, bienveillant, sans complaisance, pour pouvoir peu à peu débusquer ses ombres et les tenir à une distance raisonnable, repérer nos modes automatiques, nos conditionnements de protection et de fermeture.

Eux, ces pèlerins de l’âme, savent que c’est toujours un cadeau inattendu, quand vient l’alchimie de la  transformation !

. Oui, il faut du courage pour être soi.

Ces travailleurs de l’ombre travaillent pour le plus grand nombre, sans bruit, sans lumière et avec humilité. Ils font du Développement Personnel.

Et ce terme mérite ses lettres de Noblesse.

Et je le dis et l’affirme : il ne veut pas dire développement pour son petit Moi. Oui, vraiment oui, il faut passer par soi pour aller vers l’Autre, l’autre avec un grand A.

C’est le sens, selon moi inscrite sur le temple de Delphes « Connais toi toi-même… et tu connaîtras l’univers ! « 

Elle est de Socrate, pour ceux qui l’ignorent. Elle a donc quelques siècles et pour moi elle est à la base de ce travail de développement personnel que je mène pour moi et que je propose à ceux que j’accompagne.

De la même manière, on ne médite pas pour s’éloigner du monde : en se côtoyant intimement, on se rapproche du monde, de l’autre, de l’univers et ainsi  à sa manière, à sa façon, on contribue,  modestement à faire émerger, “à un peu mieux dans le monde ». Comme nous y invite cette célèbre  l’histoire du colibri, lorsque l’oiseau dit :  » je fais ma part« .*

Je laisserai la conclusion à Albert Einstein :

« Un être humain fait partie d’un tout que nous appelons « l’Univers » ; il demeure limité dans le temps et dans l’espace. Il fait l’expérience de son être, de ses pensées et de ses sensations comme étant séparés du reste – une sorte d’illusion d’optique de sa conscience. Cette illusion est pour nous une prison, nous restreignant à nos désirs personnels et à une affection réservée à nos proches. Notre tâche est de nous libérer de cette prison en élargissant le cercle de notre compassion afin qu’il embrasse tous les êtres vivants, et la nature entière, dans sa splendeur. » Albert Einstein

C’est la quête de celui qui fait du Développement Personnel !

Ce billet est reste toujours une invitation au lien, et donc je vous encourage à prendre le clavier avant de partir pour votre été. Que votre été soit beau, je vous le souhaite ressourçant, plein de vie, dense et léger.

Lisdalia

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* je ne citerai pas son nom, mais certains s’en souviendront.

* histoire du colibri : pour ceux qui ne la connaissent pas, je peux la leur envoyer

#HAPPYNY2018

« Comme l’univers lui-même, la vie des hommes est un désastre et un enchantement. Un désastre parce que la fin est déjà inscrite dans le début. Un enchantement parce qu’il ne cesse de s’y passer des événements qui provoquent des émotions, des sentiments, des réflexions, de la passion. Un désastre parce qu’il y a la souffrance et le mal. Un enchantement parce qu’il y a l’espérance et l’amour. »
(Jean d’Ormesson, Guide des égarés)

J’en ai fait un oxymore :
Un enchantement désastreux 
Un désastre enchanté.

Connaissez vous : l’oxymore?
Pour ceux qui ont travaillé avec moi, ils savent mon attachement à cette figure de style.
Dans le cas présent, j’aime ce que ces deux oxymores, nous révèlent de la vie et de sa complexité, de son équilibre fragile, de son imperfection parfaite et ici, le sentez-vous, avec la distance d’un sourire !
Je vois déjà, s’esquisser le sourire malicieux de Jean d’Ormesson, un mélange de ruse et de bonhomie.

La vie sur terre est polarisée, elle est travaillée, traversée par des vents contraires, des oppositions, des séparations, des divisions…
Le jour-la nuit, le masculin-le féminin, l’ombre-la lumière, l’intérieur l‘extérieur, la haine-l‘amour, le superficiel- le profond, le oui-le non, le désastre-l‘enchantement et ainsi de suite…
Ces thèmes ne se conçoivent que dans, la séparation, l’un ou l’autre, l’opposition.
En apparence seulement…
Dans le visible, c’est séparé, dissocié, divisé mais à un autre niveau plus subtil et profond, celui du sensible, l’alliance des deux mots opposés va prendre sens et donner à saisir, à percevoir, une réalité oú finalement, certes ils sont toujours différents mais leur coexistence engendre une autre forme de réalité que notre esprit binaire porté à la dualité tend à combattre et à démentir.
 « Nous sommes comme des îles dans la mer, séparées à la surface mais reliées dans les profondeurs » William James.

On parle dans la Mindfulness de la non-dualité, de la non-séparation, c’est dans cet espace que l’on peut toucher quelque chose de précieux, un sentiment d’unité, se sentir relié à une autre forme de réalité où il n’y a plus séparation, plus de dualité, tout devient harmonieux et comme homogène, on fait corps avec l’un…

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« Nul savoir, si étendu qu’il soit, ne permet d’atteindre la plénitude de la sagesse sans la connaissance de soi-même » Bernard de Clairvaux

Mais revenons au texte de Jean d’Ormesson et à ce qu’un passage d’année amène dans son traineau, comme bilan, vœux, mots auxquels je préfère celui d’intention.

Alors 2017, une année enchantée ou désastreuse ?
Pour vous, pour moi, pour le monde…

Je suis sûre qu’elle a été les deux à fois, nous nous retrouvons avec la complexité chérie et bénie de l’oxymore.

Une année, comme une vie ressemblent à un manège diaboliquement enchanté avec sa chaîne des jours nous entraînant dans la souffrance, le désappointement, les déceptions, la rage, la tristesse, la contrariété, la trahison, les illusions…et viennent s’y mêler souvent de façon inattendue, surprenante l’espérance, la joie, la légèreté, la gentillesse, le sourire, le rire, l’intelligence, le désir, le plaisir…
Bref les émotions, ces ondes vibratoires, qui font le sel de la vie, en un mot, l’Amour.

« Quand on est né, il faut s’attendre à mourir » disait Jean d’Ormesson.

Et donc d’ici là, d’ici là bas, d’ici au loin, notre plus grand devoir, n’est-il pas de tenter de vivre avec et de cette énergie, l’Amour.
Une énergie, elle, non fossilisée mais faite de cellules vivantes et vibrantes, circulant dans tout le corps et jusqu’au cœur.
Corps-cœur il nous manquerait la tête, non pas le mental mais la conscience.
La conscience donc, avec et par le corps nous mène, à la Mindfulness, la pleine conscience à la vie, notre présence attentive à l’instant présent.

« Je nais chaque instant pour chaque instant.
Je respire… n’est-ce pas tout ?
Je respire…j’ouvre profondément,
toujours pour la première fois,
ces ailes intérieures qui battent le temps vrai. »
Paul Valéry, Mon Faust.

Le sentiment qu’à chaque instant la naissance est possible, le nouveau peut opérer. Comprendre, entendre, accueillir profondément en soi cette possibilité, cette permission, n’est-ce pas un formidable petit pas pour se diriger modestement certes mais sûrement vers le bonheur, vers la libération, se libérer de soi-même, d’abord et avant tout, car ne sommes-nous pas notre premier geôlier ?

J’entends beaucoup dans les entreprises, parler de libération, libérer les collaborateurs, avec au final cette injonction insupportable de « libérer l’autre »
Ah oui intéressant, très…
Mais surtout utopique et illusoire, « on ne libère personne » car seule la personne concernée, fort heureusement, peut opérer cette transformation.
Alors je poserai cette question aux dirigeants qui se lancent dans ce type de mouvement, nous allons faire l’hypothèse avec sincérité :

– En quoi êtes-vous, vous-mêmes libérés ?
– Connaissez-vous vos MMA (Modes Mentaux Automatiques ) parvenez-vous à les observer et à vous en libérer ?
– Avez-vous suffisamment voyagé en vous-mêmes ?

Et oui aller vers la libération, le bonheur, ça se travaille et ce n’est pas toujours une croisière en eaux calmes.
« Être heureux n’est pas une fatalité du destin, mais une réussite pour ceux qui peuvent voyager en eux-mêmes » dixit LE Pape François.
Pas de destinée donc mais un chemin, un voyage…

Je vous souhaite une magnifique année 2018, qui sera parfaite dans son imperfection.

En souhaitant que dans le flot ininterrompu des mails « Vœux » vous trouviez du temps d’abord, et éprouverez un peu de plaisir à me lire, ensuite, puis celui de m’écrire ! Je sais j’en demande beaucoup.

Depuis Noël, du plus profond de la nuit surgit la lumière, c’est le secret de Noël, la lumière et son retour, peut-être ressentez-vous la différence, nous sommes déjà en route pour notre futur printemps, et bientôt futur été !

En attendant ici et maintenant c’est l’Hiver, aujourd’hui une belle tempête, je vous souhaite un bel hiver, l’hiver le temps de la sagesse, profitez-en pour revenir en soi, chez soi, se chouchouter, se cocooner, se dorloter, Vous, l’Autre, les Autres, le Monde…

Lisdalia.
Je vous embrasse. À bientôt.

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COMME UN ÉTÉ !

ENFIN L’ÉTÉ !
« Une pierre n’est lourde que si on la porte » Tao Li Fu*.  
Vous m’avez manqué !
Comment allez-vous ?
J’ai eu envie de prendre de vos nouvelles avant la pause estivale.

Enfin l’été !
Vraiment ?

L’été, la saison des réjouissances et des nourritures terrestres.  
Après cette époque inédite ! Inédite, sans doute le mot le plus écrit, après Confinement bien sûr, Covid évidemment, et sûrement Corona… et puis le mot Sidération ne fut jamais bien loin non plus.  

Oui alors, comment ça va ?
Un peu égarés, non ?
Pendant le confinement, j’ai relu ce livre « Guide des égarés » de Jean D’Ormesson. Il passe en revue des thèmes existentiels comme le temps, la mort, la vie, le bonheur, la beauté…et tente de répondre à cette question bien vaste et peu originale : « Qu’est-ce que je fais là ? » mais, si on est honnête, par les temps qui courent, c’est parfois difficile d’y répondre.
Ne trouvez-vous pas ?  

Chez moi, eh bien, c’est flottant…
Du flottement, ce n’est pas désagréable mais pas vraiment confortable non plus !
La rive m’apparaît encore bien lointaine, et puis ça tangue : une deuxième vague, pas de deuxième vague ???
C’est comme si une partie de moi restait en vigilance Orange, comme ça à l’arrière-plan, un peu comme un chien de prairie, débout, à l’arrêt, incertaine cet été de pouvoir goûter et jouir des fruits de l’été.  
D’abord, j’ai le sentiment qu’une partie de l’année m’a été volée, j’ai été spoliée d’un bout du film, il me manque un bout de vie. Avec à la fin, une étrange sensation de sortie de tunnel, comme si mes yeux mais pas seulement, devaient se réaccoutumer au monde d’Aprés…  

Et pourtant comme pour d’autres ce confinement, fut fabuleux de découvertes et de créativité. Tout méditant rêve de ça, vivre le retrait, la simplicité des jours, la bonté de l’instant présent, la générosité de la vie et son abondance, le temps qui s’étire et le silence qui s’invite, même en ville, le silence avait établi sa demeure.
Le temps du confinement pouvait par moment avoir le goût du paradis. Par moment seulement… Et pour certains seulement…
Car pour d’autres ce ne fut pas loin de l’enfer, tellement c’était plein, même trop plein, une porosité accrue entre les vies pro et perso et des frontières qui s’estompent quand on a son bureau dans son lit.  

Et maintenant ?  

Eh bien, c’est presque plus compliqué. La prison-confinement, toute proportion gardée bien entendu, avait ça de confortable, que les règles étaient claires et le demain presque prévisible, depuis la prison s’est envolée et incertitude et insécurité sont toujours là, elles se collent à nous comme des amies indésirables, pas vraiment disposées à nous lâcher.  

«N’appelez pas cela incertitude – appelez-le Autrement. N’appelez pas cela insécurité – appelez-le Liberté » Osho.
Voilà une voie.
Une invitation audacieuse.  

La voie, non de l’injonction mais d’une invitation à ouvrir un espace de conscience où nous tenterions de voir, d’observer quand le regard se ferme, l’esprit se limite et les émotions nous submergent, et sans jugement de relâcher la tension mentale, de respirer, se détendre et choisir.

Peut-être vous connaissez cette citation ?
« Entre le stimulus et la réponse il y a un espace, dans cette espace se trouve notre réponse et dans notre réponse se trouve notre croissance et notre liberté »
Elle est de Viktor Frankl. Nombre de nos difficultés viennent de notre réactivité, du peu d’espace entre le stimulus et la réaction. Trop souvent nous sommes « agis plus que nous n’agissons » nous vivons en pilote automatique. Les conditionnements, les modes mentaux automatiques régissent nos vies, dirigent nos choix, enferment nos envies profondes. Ce sont des dictateurs silencieux mais terriblement efficaces. Cette modalité mentale est encore accentuée en période de stress.  

Dans la méditation pleine conscience nous apprenons, grâce à la pratique, à créer et déployer l’espace entre le stimulus et la réaction, pour passer, pour être en mode «Réponse » et quitter le mode «Réaction ». Dans cet espace, réside notre discernement, notre liberté de choix et la liberté tout court. Un espace que les méditants connaissent, rencontrent et peuvent sentir physiquement, sensoriellement, cet endroit « spacieux » entre l’inspire et l’expire, si vide et si plein, le champ infini de la conscience.  

Nous voilà en été, alors cette année plus que jamais, prenez soin de vous ! Nous avons tous besoin de prendre soin de nous, physiquement, émotionnellement, affectivement et spirituellement.  

Spirituellement, comment ça ?
Prendre soin de soi, est-ce de la spiritualité ?
Oui, c’est ce que les grecs nomment l’Epimeleia Heautou, se soucier de soi-même qui est associé au Gnôthi Seauton, célèbre formule figurant sur le temple d’Apollon, «Connais-toi toi-même» de Socrate, l’un ne doit pas être négligé au profit de l’autre. C’est une articulation dynamique qui par la prise de conscience qu’elle constitue est déjà une voie de transformation en elle-même.
Et tenez vous bien, rien d’égoïste dans cet acte, c’est même le premier conseil de Socrate à Alcibiade, qui ambitionne de gouverner la cité, Socrate lui recommande, pour bien s’occuper de ses citoyens, de se regarder lui-même et de connaître ce soi-même. Le souci de soi n’est pas un retrait, un désengagement du monde, mais au contraire, c’est apprendre à se situer dans l’action entreprise. Pour Socrate le souci de soi n’est jamais séparé du souci des autres.  

Epimeleia Heautou, est très proche de ce qui se pratique dans l’Assise méditative, une des pratiques de la pleine conscience, où nous ne menons pas d’introspection mais plutôt posons un regard, un regard éveillé et conscient sur la manière dont nous sommes en relation avec les situations, les émotions, les pensées et nous observons en témoin :
Quel sujet sommes nous face aux évènements de notre vie avec notre environnement ?  

Nous faisons de la méditation une contemplation dynamique, une immobilité battante*! L’Assise dans la méditation serait cette alliance improbable, cet oxymore : Une immobilité battante? Oui, radicalement, oui ! Certains voient la méditation comme une pratique molle et peut-être même paresseuse. S’assoir et ne rien faire, quelle idée…quand il y a tant à faire de par le monde ! N’est-ce pas de la paresse ou même de la faiblesse ?
En réalité, l’immobilité demande de la détermination et du courage, celui de ne pas faire comme d’habitude, par exemple de fuir le désagréable, l’inconfortable.
Dans l’immobilité on décide de faire face, de ne pas se dérober devant ce qui nous gêne mais de le regarder droit dans les yeux, et s’ils sont fermés c’est pour mieux sentir et voir. La détermination quant à elle n’est pas de l’ordre de la volonté, ni du faire mais sa nature est tranquille, une tranquille certitude d’être là, vraiment là.
Être là, totalement et pleinement dans le confort et l’inconfort, nous permet de vivre toute notre expérience humaine, de la laisser se manifester, sans choix égotiques. Et ça c’est du courage, le courage d’être soi.
Dans cette pratique spirituelle, nous nous rencontrons et nous nous offrons le cadeau sans doute le plus précieux d’une existence : notre présence attentive et vivante.   Peut-être que dans ces temps troubles et confus, la spiritualité devient un recours, un chemin qui ouvre les consciences et les cœurs et en devient une urgence.  

Ici, je ne voudrais pas vous quitter sans vous partager ce merveilleux texte :
« À la question toujours encombrante : qu’est-ce que tu écris en ce moment, je réponds j’écris sur les fleurs, et qu’un autre jour je choisirai un sujet encore plus mince, plus humble si possible. Une tasse de café noir, Les aventures d’une feuille de cerisier. Mais pour l’heure, j’ai déjà beaucoup à voir : neuf tulipes pouffant de rire dans un vase transparent. Je regarde leur tremblement sous les ailes du temps qui passe. Elles ont leur manière rayonnante d’être sans défense, et j’écris cette phrase sous leur dictée : « Ce qui fait événement, c’est ce qui est vivant, et ce qui est vivant, c’est ce qui ne se protège pas de sa perte. » Autoportrait au radiateur, de Christian Bobin*.  

Une belle invitation de saison que celle de la contemplation, l’été reste un moment propice pour regarder les « ailes du temps qui passe » et saisir parfois l’éternité de l’instant, pour un instant, pour un instant seulement…  

Je serai, comme toujours, heureuse d’avoir de vos nouvelles, à vos claviers si cela vous chante, je vous répondrai.   Très bel été à vous !
 
Lisdalia.  

* le livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu, de Jean-Pierre Siméon
* L’immobilité battante. Livre-entretien avec Tal-Coat, peintre.
* Autoportrait au radiateur, de Christian Bobin. Merci à l’amie qui m’en a fait le cadeau.

Lumière d'Hiver…

À partir d’aujourd’hui, les jours recommencent à croître…

Cette nuit du 22 décembre à 5h19 minutes et 25 secondes, exactement, nous sommes entrés dans l’hiver, c’est le solstice d’hiver.

Solstice, l’origine étymologique du mot signifie “le soleil s’arrête “, le soleil rentre est en stase, il s’immobilise. Comme si, le soleil prenait un temps de respiration, une Épochè solaire, une suspension pour contempler, respirer et mieux repartir.

Et il va repartir dans l’autre sens, vers la lumière. Fini le glissement infini vers l’ombre et les ténèbres, le mouvement s’est inversé.

Le Nouveau arrive déjà !

C’est ça Noël, la renaissance du soleil invaincu, « sol invictus », retour de la lumière, au plus profond de la nuit, la lumière surgit et grandit. Et quelle incandescence que cette lumière de l’hiver, quand elle survient, elle nous inonde, plus brillante, plus scintillante que jamais. 

Et si nous prenions, l’esprit des saisons et sa sagesse comme une invitation à être capable, dans des moments sombres, difficiles et rudes, de trouver le vivant aussi minuscule soit-il, à voir là où réside encore la lumière, même de façon infinitésimale. Comme un appel à changer de direction, à ne pas s’enfermer dans une vision fermée de la situation.

Et comme le soleil qui s’arrête, pouvoir repartir autrement. Un moment de suspension du jugement, des croyances, des filtres de référence, un instant de pleine conscience, et l’on revient dans la situation avec un œil neuf. Le regard neuf, le regard de l’enfant, l’esprit du débutant de la pleine conscience, celui qui voit comme pour la première fois, parce que c’est toujours une première fois… 

Je vous souhaite un très Joyeux Noël.

 

L’été : le temps de vivre…*

A lire lentement, en prenant le temps…

Je voudrais vous souhaiter un bel été.

Je vous ai écrit en hiver, je ne voulais pas rater l’été.

Et l’été nous attend. 

Ça y est, c’est l’été depuis le 21 juin, solstice d’été, le temps de l’Eros, du plaisir, de la joie, de l’abondance, de la vacance…

Quand on parle de la saison, on pense temps, au temps qu’il fait, et si il est de saison ou pas. 

Une vraie question ici à Lille, surtout pour l’été, aura-t-on un été, un vrai été ?

L’été des terrasses et des soirées qui durent, se poser tranquillement dans cette énergie chaude et douce de l’été, des places et des cafés, où le temps s’étire, se prélasse et semble cette fois-ci infini.

On aime ça ici à Lille, le temps du dehors. Un petit rayon et hop le Lillois se ballade, il sort !

L’été, à Lille, nous fait régulièrement faux bond, il va, il vient, frais le matin, moite le soir. 

Il pointe le bout du nez, on y croit, puis s’en va, disparaît dans une bourrasque, une averse, un orage, un nuage…

Quoiqu’il en soit, l’été sera là ! 

Cette année, comme toutes les années à sa façon, à sa manière. 

Le temps de vivre…

« L’eau, l’air, la lumière. Profitez de ces délices passagères et durables. Car elles vous seront arrachées et, seconde après seconde, et jour après jour, elles vous le sont déjà par notre maître à tous, le monstre tout puissant, l’incarnation de la souffrance et du mal : le temps.»  

Jean d’Ormesson. 

Oui le temps Chronos, ce vieillard saturnien qui, sans beaucoup d’états d’âme, mange ses enfants, implacable temps qui passe…

Vite, dit-on, de plus en plus vite même, paraît-il !

Le temps qui passe et qui comme les grains d’un sablier s’écoule inexorablement, lentement et un jour toujours. 

Il y a quelques jours je reçois un mail, il m’annonçait le retour vers la lumière d’un ami, après un week-end joyeux et léger.

Un dimanche soir, il s’est endormi, pour ne plus se réveiller. 

Le fil fragile de la vie.

Le fil du temps coupé, sans aucune sommation. Brutal !

Le temps, cette durée de vie qui nous est donnée et dont on ne connaît que le commencement jamais la fin. 

« Combien de temps… 
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures, combien?
Quand j’y pense, mon cœur bat si fort… 

Mon pays c’est la vie.
Combien de temps… 
Combien? »

Vous aurez peut-être reconnu la merveilleuse chanson de Serge Reggiani : « Le Temps qui reste »

Qu’adviendrait-il de nous, de nos vies si on savait le temps qu’il nous reste ?

Lors d’une vengeance personnelle d’Éa contre Dieu, son père, dans le film « Le tout nouveau testament », Dieu (Benoit Poelvoorde) méchant et odieux, Éa, sa fille donc, envoie l’information à chaque personne sur terre, sur son téléphone, du temps qu’il lui reste à vivre, pour, dit-elle « rendre aux hommes la conscience de leur propre mort »

Eh bien c’est la pagaille, ça change la donne, une onde de choc parcourt et secoue la terre, on se réveille, on se ranime, on essentialise, on abandonne cartable et ordinateur pour suivre le ballet des étourneaux, laissant tomber chimères, peurs, angoisses, mirages, préoccupations du futur, pour enfin vivre le présent et se rencontrer, re-rencontrer son âme d’enfant, son âme sœur, son âme tout court…

Vous êtes-vous déjà posé cette question ?

Le temps de vivre…

Tout est une question de temps !

« Oui…j’aimerais bien, mais je n’ai pas le temps » Chaque fois que j’entends cette réponse dans mes séances, je sais qu’il y a une fenêtre, une ouverture, nous allons pouvoir travailler…

En effet c’est peut être fâcheux, mais ne pas avoir le temps, reste un choix. 

Il n’y pas à se sentir coupable, juste responsable !

Car le temps, ce que j’en fais, est un espace de responsabilité, de liberté, est une de nos 5 contraintes existentielles*, et étrange paradoxe : on n’échappe pas ou plus à notre liberté !

Quelque peu angoissant ! Au point qu’une telle liberté, nous conduit parfois, c’est Éva Illouz, sociologue, qui le met en lumière*, à l’incapacité de faire un choix, trop de choix tuant le choix…

Tout tourne autour du temps et notre manière de vivre le temps.

Faire des choix et tenter de choisir sa vie, un acte souvent difficile, toujours courageux, parfois inouï.

Ce même jour, je recevais un autre mail, venant cette foi-ci de Marie…

Marie est une personne que j’ai accompagnée, il y bientôt 3 ans et qui m’écrit dans ce mail : « merci d’avoir été l’élément déclencheur ». 

Marie* vit à Singapour, elle m’annonce qu’elle s’apprête à faire le tour du monde en courant tous les jours ou presque, un marathon, et relier ainsi les 4 continents, une course en solo de 26232kms sur deux ans ! Impressionnant !

Quand je l’ai rencontrée pour la première fois, elle était au bord de l’épuisement professionnel, la dépression n’était pas loin.

Quitter la France et retourner en Asie, a été salutaire pour elle, nous avons donc poursuivi nos séances par Skype. Notre travail a surtout consisté ne pas se définir, se réduire à ce qu’elle traversait et à revenir au moment présent et créer progressivement un espace de conscience attentive : parvenir à se voir partir vers ses trous noirs, vers les pensées dites négatives et culpabilisantes et courageusement tenter de revenir, encore et encore, revenir au ici et maintenant du temps présent. Sans chercher à contrôler ces pensées, les supprimer ou les chasser comme des oiseaux de mauvais augure mais en les voyant d’abord, en les observant, en les laissant passer leur chemin. Revenir au temps présent. Et constater très simplement que « Là, juste là, ici et maintenant tout va bien » Adopter cette discipline de progressivement revenir toujours et encore au temps présent et y respirer. Revenir à ce qui « Est » !

Quel courage, quelle volonté, quelle ténacité et quelle intelligence il lui aura fallu mobiliser. 

Des qualités tout aussi nécessaires à la grande aventure qu’elle s’apprête à vivre aujourd’hui et dont je ne doute pas qu’elle les ait toujours solidement, même farouchement ancrées au fond d’elle.

Alors si le voyage que Marie entreprend, imagine, aujourd’hui est incroyable, fantastique, fabuleusement audacieux, un peu fou même, celui qu’elle a entamé en juillet 2016, ne l’était pas moins. 

J’ignore son processus, le cheminement qui l’a amenée là, à cette décision, mais parfois ce qui ressemble à une folie, n’est que ce qu’il y a de plus raisonnable à faire.

Une décision follement raisonnable, en quelque sorte !

Face au risque de l’inconnu et à son péril on est souvent envahi par les doutes, l’inquiétude, la crainte de ce que l’on va perdre, abandonner,  et on néglige l’autre versant de l’histoire : ce que ça coûte de ne pas faire, de ne pas aller au bout, de ne pas  écouter la petite voix intérieure et parfois, le prix à payer est au final « very expensive »

Pour Marie, ce qui est certain, c’est qu’elle a choisi, choisi d’utiliser « son temps à vivre » pour ses rêves les plus profonds, les plus vivants pour elle.

Et pour ça, pour cet invraisemblable choix, chapeau bas !

Le temps de vivre…

 « On oublie trop souvent que ce n’est pas le temps qui passe, mais nous qui passons. Nous passons trop souvent à côté de nos vies, qu’il nous faut apprendre à habiter à tous les instants »

Pierre Rabhi, paysan philosophe.

Apprendre à habiter chaque instant de notre vie, va demander de la lenteur, exiger de ralentir, se poser et regarder autour de nous, contempler.

Les temps modernes et leur technologie nous entrainent loin de cette contemplation, à la place c’est la connexion, même dans notre lit, le petit appareil a fait son apparition et s’empare de notre intimité. L’endroit du repos n’en est plus un, rares sont les endroits qui échappent à la lame de fond de l’hyperconnexion. Nous sommes sous emprise, addicts !

Avez-vous remarqué comment durant ces temps de connexion, nous sommes comme kidnappés, happés, les heures passent, nous disparaissons à nous mêmes, c’est l’oubli de la réalité, la vie nous échappe, le temps passe.

Face à ces sollicitations permanentes, à cette hyperconnexion, devant l’océan de choses à faire, des centaines de mails à lire, ou juste à supprimer, les notifications et tweets, du texto à envoyer, du cadeau d’anniversaire à acheter, des courses à faire, des futures vacances à préparer, du rendez-vous médical à fixer, de l’expo à visiter…

Je continue ?

On pourrait ne jamais arrêter. 

Sauf à le décider…

Il y a une centaine d’années, la bougie avait raison de nos yeux et qu’on le veuille ou non, le repos s’imposait. Aujourd’hui, Times Square* n’est plus une exception, le cycle jour/nuit, si on y prend pas garde, n’être plus qu’une longue journée continue…

Au fond méditer, c’est d’une certaine manière arrêter le temps et prendre le temps de vivre. 

C’est ce que nous faisons dans la pratique de la méditation Pleine Conscience.

Méditer, c’est choisir d’arrêter « de Faire » et prendre le temps « d’Être », juste Être et respirer, expirer, sentir, vivre et se sentir vivre, sentir sa respiration, son cœur, sa vie…

Être là ! Et pour une fois, enfin, pas pour faire quelque chose, il n’y aura rien à se demander, juste être là.

Le premier mérite de la méditation est d’être un acte gratuit, rien à faire, personne à être, rien à attendre…

C’est reposant, non ?

Il n’y a pas d’objectif à se donner, ce n’est pas pour réussir quelque chose, même pas pour réussir à être Zen !

Dans la diffusion à grande échelle de la Pleine Conscience, on voit apparaitre cette gageure, une sorte de « forçage à la zen attitude » 

L’injonction à être heureux ou à devenir Zen.

Aberrant!

Eh bien Non, définitivement non, on peut ne pas être zen même quand on pratique la pleine conscience.

Un nouveau catéchisme ?

Devenir un stakhanoviste de la zen attitude ou encore exalté de la méditation ?

« Foutez-vous la paix » nous dit, Fabrice Midal, une façon un peu provocatrice de nous mettre en garde contre ce qui pourrait devenir de nouveaux devoirs, impératifs, exigences.

Lâchez-vous les baskets ! (ou sneakers)

Il est manifeste que sans discipline pas de changement, la Pleine Conscience n’est pas une baguette magique, c’est d’abord une affaire de pratique, sans elle point d’effet.

La nuance avec notre mode habituel c’est que ça ne se décide pas, on attend rien, on ne cherche pas, on pratique et on fait confiance !

Et parce que je pratique ça peut arriver, ça peut s’inviter à venir…

Et alors oui…Ça se détend, ça se pose, se dépose, se calme, ça se relaxe…

Comme les paillettes d’une boule à Neige, ça se dépose.

Le mot important, c’est « Ça »

Pourquoi ?

Le Ça, ne cherche pas, ne veut pas que ce soit comme ça devrait être, n’est pas dans le contrôle, c’est une autre attitude, celle de la confiance et d’abandon aux choses telles qu’elles sont, au processus vivant en cours et à sa continuité.

 « En nous ouvrant à une conscience des choses telles qu’elles sont réellement à l’instant présent, nous goûtons souvent à des états très profonds de relaxation et de bien-être, aussi bien corporels que mentaux, même lorsque nous sommes confrontés à de graves difficultés »

Jon Kabatt-Zinn

Le temps de vivre…

Allez comme André Gide, prenons le temps, le temps de vivre cet été et…

« Regarde le soir comme si le jour y devait mourir, 
Et le matin comme si toute chose y naissait. 
Que ta vision soit à chaque instant nouvelle. 
Le sage est celui qui s’étonne de tout. » 

André Gide, Les Nourritures Terrestres

Laissez-vous vivre, prenez le temps avant que le temps ne vous prenne et laissez la vie s’inviter en vous et s’inventer instant après instant, comme un souffle d’air frais, une légère brise d’été…

Respirer cet air léger de l’été, ce sera dans quelques jours pour moi sur le chemin de Compostelle…

Je serai, comme toujours, heureuse d’avoir de vos nouvelles, bel été à vous.

« En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d’être heureux. »

Marc Aurèle

Lisdalia

*Au moment d’envoyer ce billet j’apprends que Christophe André, Psychiatre, spécialiste de la méditation vient de sortir le livre  « Temps de méditer »

* les existentialistes n’en ont mentionné que 4 : la solitude, la finitude, la liberté/responsabilité, la quête de sens; la contrainte d’imperfection a été rajoutée par Noël Salathé parce qu’il la trouvait importante dans ses accompagnements.

* Éva Illouz « Pourquoi l’amour fait mal »

*  www.lootie-run.com; c’est naturellement avec son accord qu’elle est citée et que son site est nommé.

* Times Square qui représente New York et qui ne dort jamais

Bonjour Tendresse…

Oui, j’ose espérer un peu de tendresse et de douceur dans ce monde…


Téméraire et effrontée que je suis…

Comment allez-vous ? 
Ça fait longtemps, n’est-ce pas ! 


Oui d’abord cette inquiétude : la source se serait-elle tarie ?  
Ces derniers mois, je l’ai imaginé et sans doute même craint. 
Y aurait-il encore un billet ?
Une précision, ce n’est pas une newsletter, il n’y a pas de régularité, ni de communication d’activité. 
C’est autre chose, j’ai appelé cela, un Billet.
Je vous parle en écrivant…
Ces billets sont des émergences, des fulgurances du moment présent. 
Ils me viennent ou pas ! 
Depuis près d’un an, c’était plutôt « ou pas »

Comment en parler ? Comment évoquer cette crainte, inquiétude du tarissement. 
Ne plus écrire ces textes minuscules, ces petits moi-même, ces petites-mini-contributions à… 
À quoi d’ailleurs ? 
C’est souvent vous qui me le dites, cher lecteur, lectrice, amie, ami, ce à quoi j’ai contribué dans votre vie du moment. 
C’est un pur bonheur, une joie profonde. 
Oui, un grand plaisir à chaque retour, à chaque partage, même très court, de vous lire. 
Et sachez que je réponds à chacun. 
Avec la surprise de retrouver certaines, certains où parfois je me disais : sans doute ça l’incommode ces billets, n’ayant jamais eu de retour. 
Et puis miracle ! Cette fois-là de façon totalement inattendue, c’est le premier retour de mail qui m’arrive dans la boîte, 10mn seulement après l’envoi. C’est Whaouu !

Donc… Si vous n’avez encore jamais pris la plume pour écrire, répondre, c’est l’occasion d’opérer…Une magie.  
Je vous attends.*1

Voici donc un nouveau billet, je crois que l’envie de vous retrouver n’y est pas étrangère. 

Ce matin cette citation :
« Il ne faut pas chercher à vivre longtemps, mais vivre pleinement. Vivre longtemps, c’est le destin qui décide. Vivre pleinement, c’est ton âme. La vie est longue si elle est pleine.»
Sénèque (lettre XCIII)

Une vie pleine, serait donc une décision !
Vivre pleinement ! Vivre longuement !
Nous en rêvons, nous y aspirons…

Qu’est-ce que cela signifie vraiment, Vivre pleinement, au fond…
L’adverbe « pleinement » embarque une capacité à goûter, à apprécier la vie, à la connaître, à la déguster, peut être même à aimer, son goût, son intensité, une intensité qui peut être douce mais qui peut être amère, eh oui aussi !

Et comment s’y prendre ?
Eh bien : Être là.
En étant là, occupant entièrement le temps présent, de tout son être, de toute son âme, prendre sa place et toute sa place. 
Juste là, ici et maintenant.
Pas à pas, instant après instant.
Pas après, pas avant mais maintenant !

C’est simple, non ? 
Être totalement là, présentement là, dans le moment, dans l’instant.

Oui, et pas si simple non plus !
Trop souvent dans nos vies agitées, la présence à soi, à l’autre, aux autres est parasitée, devient inaccessible. Peut être même n’a-t-elle jamais été accessible. 
Parce que la vie nous agite, mais aussi parce que nous nous agitons nous mêmes, seul dans notre bocal, emportés par notre mental, qui nous mène par le bout du nez. 
Lors de mes animations ou de mes accompagnements individuels, j’entends très souvent : « J’ai un mental trop fort »
Oui, c’est vrai ! Comme beaucoup de monde, et sans doute pas plus, pas moins. 
Mais, il n’empêche que le vécu de cette personne-là, est exactement celui-là : son mental est très fort, trop fort et plus fort qu’elle !

Que fait-il ce mental ?
Et bien il me balade, m’emmène loin du ici et maintenant.
Au bout du compte, le mental fait son boulot de mental, c’est-à-dire produire des idées, des spéculations, des pensées sur… sur tout, tout ce qui bouge, se manifeste, qui se révèle dans le champ.
Il fait des vagues, sur le vaste champ qu’est la conscience, son job, c’est d’occuper l’esprit et de faire des vagues, des vagues de pensées qui viennent vous balloter, troublant perpétuellement l’océan de la conscience. 

Alors votre mental : Serviteur ou Directeur ?
Il me sert ou il me dirige, comment répondez-vous ?
« Le mental est un magnifique outil si l’on s’en sert à bon escient. Dans le cas contraire, il devient très destructeur. Plus précisément, ce n’est pas tant que vous utilisez mal votre « mental » ; c’est plutôt qu’en général vous ne vous en servez pas du tout, car c’est lui qui se sert de vous. Et c’est cela la maladie, puisque vous croyez être votre mental. C’est cela l’illusion. L’outil a pris possession de vous »
Eckhart Tolle

Là est l’illusion, nous pensons être nos pensées et nous faisons corps avec nos pensées.
Il y a une ébauche de sculpture de Rodin, dans son musée à Paris : son nom « Pensée »*2,  deux corps sculptés imbriqués, enchevêtrés, mêlés, impossible de se libérer, de se détacher, pas de distance entre Pensée et moi : « Je suis Pensée ».

Et c’est ce que nous pensons et croyons, dur comme fer ! 
En réalité nos pensées, ne sont QUE des productions mentales, des chevaux fous qui chevauchent perpétuellement et durablement notre champ de conscience et si je peux enfin les regarder comme tels, et contempler le paysage avec ces chevaux, je ne suis plus dans l’illusion. 
La pensée n’est qu’une pensée, et je reviens au souffle, au corps et à ses sensations, à l’instant présent !
Là est la pratique, là est le chemin de la pleine conscience !
Pendant que j’écrivais ce billet, j’ai reçu un mail, il vient de Dorothée, qui a participé à l’un de mes stages : « Intelligence Émotionnelle et pleine conscience » et qui témoigne :
« Je suis encore et très souvent rattrapée par les chevaux fougueux que sont mes pensées. Maintenant, je sais que c’est « normal » , que mon cerveau fonctionne bien puisque c’est une  » machine à penser » , c’est donc une déculpabilisation qui me libère et ….tranquillement, quand mes chevaux plein d’énergie s’emballent , je les ralentis et reviens  sur ma selle bien assise, bien dans mon « assiette » et je regarde mes chevaux ralentir et admirer le paysage… »

À ce stade peut-être faudrait-il, préciser ce que je mets derrière le mot mental :
Il est à considérer comme un processus, un processus qui inclut pensée, langage, intelligence… C’est donc large, et ça peut sembler fourre-tout, mais le mot essentiel, est le mot Processus. 
Dans la méditation, nous tentons d’être attentif au processus, que l’on peut voir comme une sorte de bande passante, on tente d’être témoin, d’observer, d’y repérer les répétitions, les brisures, les failles, les interruptions et elles sont nombreuses et de natures très variées.
Son observation demande patience et silence. 
Et, 
Ça prend une vie…

Après ce détour par le mental, si détour il y a,  revenons maintenant à la présence, la présence et sa douceur.  La tendresse de la présence !
La présence, est un état où justement le mental est tenu en laisse, il ne disparaît pas du champ de conscience, il est seulement tenu, retenu avec douceur et fermeté.
Il ne va plus m’entraîner ailleurs et je peux alors être totalement là, pleinement présent à ce que je fais, vis, dis, ressens : 
À cette assiette que je lave, à cet oiseau que je vois picorer sur l’arbre, à cet enfant qui me raconte ses malheurs et/ou joies de la journée, à ma marche dans la ville…
En étant là ; je pratique par ma pleine présence, une forme de méditation, que dans la Mindfulness on appelle, une pratique de méditation informelle. 
Je deviens vivante, vivant dans tous les moments de ma vie et de ce fait ma présence change, ma qualité de présence à ma vie bouge.
Et la vie me devient, même dans ses turbulences, plus douce.
J’apprends à devenir tendre avec elle, à ne pas la juger trop sévèrement dans ce qu’elle me donne ou ne donne pas assez, et comment je peux rencontrer en moi, même en plein tumulte, un endroit où « ça » reste calme et pleinement vivant. 
 » Méditer chaque jour n’est pas un exercice de bien-être ou de bien aller, et au fond n’est pas une pratique. Méditer n’est autre que prendre enfin conscience, mais pour de bon, que nous sommes là, là et vivants. Vivants tels que nous sommes« 
 Fréderico Dainin Jokô Sensei.

Vivant, présent, déployant sa présence, sa pleine attention, dans un premier temps à soi-même et au bout du compte avec le monde autour de soi. 
Méditer est un geste large et non égotique, il commence par soi et se poursuit avec et par le monde, c’est un acte radical d’amour, qui ouvre à l’instant présent et aussi à plus grand !
Mais…
« Avez-vous la patience d’attendre que la boue se dépose au fond de l’eau et que l’eau de l’étang devienne claire à nouveau ? Avez-vous le courage de rester immobile jusqu’à ce que l’action juste émerge d’elle-même ? »
Lao Tseu
Oui il faut du courage pour s’asseoir et « ne rien faire » et laisser les paillettes de la boule à neige se poser au fond et ainsi vivre en live, en direct, connecté au corps, à ses sensations, ses émotions, ses ressentis et être en awareness.
Un mot cher aux gestaltistes, dont je suis.
Être « aware », en éveil à soi et présent à son environnement !
Respirer : Inspirez, regardez le ciel, expirer sentez la terre sous vos pieds.
Il n’y a pas de présence sans contact incarné avec soi, sans conscience de soi.
C’est dans l’intelligence émotionnelle, la première des aptitudes, la conscience de soi et de sa corporalité.
Rester assis et prendre le temps de se sentir et accueillir tout ce qui se manifeste, avec une attention affectueuse, sans jugement, être un témoin bienveillant capable de douceur et de fermeté. La douceur pour pardonner les égarements de la pensée, la fermeté pour revenir toujours et encore à l’instant présent du souffle et dire OUI, à tout ce qui est et se donne à vivre, agréable ou désagréable. Là est la pratique.
Dans ce geste quotidien, qu’est la méditation, on se découvre et on apprend finalement à se connaître ; nous cessons lentement mais sûrement d’être cet étranger, l’étranger que nous étions pour nous-mêmes.
« Connais-toi toi-même… » Et on ignore souvent la suite
« Tu connaîtras l’univers » et j’ose, j’enchaîne avec un autre maître qui d’une manière différente nous dit la même chose :
« Si tu parviens à te connaitre totalement, si tu peux affronter à la fois tes côtés sombres et tes côtés lumineux, tu arriveras à une forme de conscience suprême. Quand une personne se connaît, elle connait Dieu »
Djalãl Addin Muhammad Rûmî, (12éme siècle).
Je continue de soutenir que passer du temps avec soi en conscience, est un geste d’humanité et d’amour, à la fois pour soi et pour les autres.
Pour soi, car nous développons de la qualité de vie et notre présence gagne en vie, et cette qualité de présence de façon systémique, parce que nous sommes liés et inter-reliés, nourrit le monde.

Orelsan ne dit pas autre chose, à la fin de cette chanson assez fabuleuse dont le titre est : Notes pour pas trop tard
 « Y a rien à faire, à part être présent »
Rien à faire, Nulle part où aller,  Personne à être… juste être là !
La première phrase entendue lors d’une retraite de méditation en silence, marquante à jamais!

« Tout nouveau commencement vient du silence obscur de l’hiver »
Et nous arrivons dans l’hiver !
Alors une décision : le commencement ou recommencement de la méditation cet hiver ?
L’arrivée de l’hiver, un moment propice au repos, à une forme de repli, alors profitons de l’hiver comme d’un temps pour soi, d’une nouvelle forme de présence à soi.

Le  solstice du 21 décembre est là, le retour à la lumière, c’est la fin de la chute…
Le soleil revient, certes modestement, il commence à se coucher une pincée plus tard,  une unique minute de décalage, mais c’est le début d’un nouveau cycle qui prépare et oui, déjà le printemps.

Je vous embrasse.
Lisdalia.


*1, Ceci dit, je vous ennuie peut-être vraiment et dans ces cas-là en toute simplicité faites-le moi savoir par retour de mail et je vous promets ça cessera. Sans rancune.
*2 Il existe une autre sculpture plus connue, nommée « La pensée » un doux visage de femme, délicat et rêveur, prisonnier d’un bloc de marbre, elle n’a ni bras ni jambes.